Jeudi 24 mars

Troi­sième journée de mobi­li­sa­tion

Paris

Ce qu’il s’est passé à Bergson ce jeudi 24 mars

Récit d’un étu­diant venu au lycée Bergson à la ren­contre des lycéens et lycéennes en lutte. Une journée de lutte mar­quée aussi par le har­cè­le­ment et la vio­lence de la police, comme chaque jours depuis le début de la mobi­li­sa­tion.
Source : Paris Luttes Info

Elodie Mage

Une autre vidéo qui docu­mente la vio­lences glo­bale des inter­ven­tions poli­cières devant et autour du lycée Bergson.


Arres­ta­tion vio­lente d’un mani­fes­tant dans le cor­tège. Les agents en civil qui inter­viennent sont ceux de la Com­pa­gnie de sécu­ri­sa­tion et d’intervention (CSI), et non la BAC, les agents en uni­formes et les casques à bande bleue sont aussi la com­pa­gnie des CSI. Un témoi­gnage détaillé de l’interpellé sur cette mani­fes­ta­tion a été publié sur Paris Luttes Info.


Nantes

Bou­le­vard Amiral Courbet — Un méga­phone en ban­dou­lière, Max est à l’écart de la rue, dans une encoi­gnure de garage, il donne du sérum phy­sio­lo­gique à deux mani­fes­tantes qui ont été atteintes par des gaz lacry­mo­gènes. Six hommes de la CDI (Com­pa­gnie dépar­te­men­tale d’intervention) arrivent et les entourent. Un des poli­ciers dit à Max de partir et lui assène deux coups de matraque, au thorax puis au niveau de la tempe. Sous le choc, Max s’écroule. Les poli­ciers s’éloignent. Max se relève pour partir, marche len­te­ment, sonné. Un poli­cier le rat­trape et le bous­cule dans le dos pour le faire à nou­veau tomber sur la voie du tramway. « J’ai juste dit : Vous m’avez dit de dégager, je suis en train de partir, vous n’avez pas à faire ça” », raconte-t-il. Deux poli­ciers lui arrachent son sac à dos, et le repoussent sur le côté de la rue, lui ordonnent de s’asseoir. Sa tête dégou­line de sang, for­mant une flaque sur le trot­toir. « Quand j’ai sorti un paquet de mou­choirs pour m’éponger, j’ai failli prendre un autre coup de matraque. Jamais, ils n’ont cherché à m’aider, ou à arrêter le sang. Ils ont quand même appelé les pom­piers, mais ils ont suivi en voi­ture jusqu’aux urgences, où ils ne m’ont pas lâché une seconde dans le box, séparés par un rideau. On m’a posé sept points de suture ». Puis retour au com­mis­sa­riat. « Dans la voi­ture, ils n’étaient pas contents : leur hié­rar­chie leur dit de ne pas me mettre en garde à vue. Ils trou­vaient inad­mis­sible d’avoir attendu deux heures à l’hôpital pour me relâ­cher à un arrêt de tram. Un contre-ordre est arrivé de la hié­rar­chie pour fina­le­ment m’emmener en garde à vue. Ils étaient contents ». La garde à vue durera 19 heures avant que Max ne soit relâché, sans la moindre pour­suite. Une vidéo ama­teur a enre­gistré la scène depuis un immeuble sur­plom­bant les faits. Le par­quet de Nantes a saisi l’IGPN.
 – Source : témoi­gnages recueilli par Repor­terre.

Citizen Nantes

Extrait vidéo filmée au télé­phone por­table. On y voit « M » dans l’entrée d’une porte de garage avec deux jeunes filles, incom­mo­dées par du gaz lacry­mo­gène, à qui il donne du sérum phy­sio­lo­gique. Un poli­cier s’approche et lui assène gra­tui­te­ment un violent coup de matraque. Les CRS le laisse repartir mais l’un d’eux revient vers lui pour le pro­jeter à terre (alors qu’il a le crâne ouvert) au niveau de la tempe.


Bou­le­vard Amiral Courbet — « Je m’assois sur la chaussée parmi d’autres mani­fes­tants. Des CRS ou CDI [com­pa­gnie dépar­te­men­tale d’intervention] tirent des gre­nades lacry­mo­gènes dont les anneaux incan­des­cents tombent sur les mani­fes­tants assis. »
 – Source : témoi­gnage de Laurie Tis­sière, recueilli par Repor­terre.


Rennes

Rue des Fossés — Une mani­fes­tante (qui sou­haite rester ano­nyme) est dans cette rue, où l’ambiance est très tendue : « Les mani­fes­tants der­rière moi ont com­mencé à lancer des bou­teilles de pein­ture sur les CRS, ou des bou­teilles en verre vides. Je me trou­vais dans les pre­mières lignes face aux CRS, qui ont tiré des bombes lacry­mo­gènes mais aussi des coups de fla­sh­ball. Une bombe lacry­mo­gène m’a éclaté sur l’épaule et d’un coup, mes che­veux ont pris feu, mon pull aussi, mon pan­talon côté droit. Selon moi, cette bombe n’a pas été uti­lisée pour dis­perser, mais pour blesser. Je me suis écroulée au sol, incons­ciente. Quand j’ai repris connais­sance, l’équipe des street médic m’a prise en charge pour m’hydrater et me soi­gner. Tout le monde s’était dis­persé. Les CRS se sont appro­chés des street médic et de moi, matraque à la main en disant : « Les hip­pies, vous dégagez ». J’avais des brû­lures sur l’épaule et sur la cuisse droite »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.