Jeudi 26 mai

Journée de mobi­li­sa­tion natio­nale. Vio­lence poli­cière par­ti­cu­liè­re­ment sau­vage à Paris, Tou­louse et Caen

Paris

Retour sur près de six heures de mani­fes­ta­tion en sept minutes. Les poli­ciers ont tenté une nou­velle tech­nique de dis­per­sion en allant au corps-à-corps. Suite au trajet Bas­tille-Nation, une manif sau­vage s’est rendu jusqu’à la porte de Vin­cennes avant d’être stoppé par les CRS. Les forces de l’ordre qui ont pro­cédé à des inter­pel­la­tions très vio­lentes, pro­vo­cant la colère des mani­fes­tants. Le mani­fes­tant blessé à la fin de la vidéo est le jeune homme resté dans le coma plu­sieurs jours.

Lire le com­mu­niqué des Street Medic de Paris pour avoir une liste par­tielle mais déjà très lourde des blessés.


Mili

Bou­le­vard Diderot — Un homme qui est sorti du cor­tège via une rue adja­cente après avoir été désigné par une partie des mani­fes­tant-e-s comme étant un poten­tiel poli­cier en civil. Il a alors, tout en fai­sant face aux mani­fes­tant-e-s qui l’avaient suivi pour s’assurer qu’il quitte bien le cor­tège, sorti une matraque téles­co­pique, posé sa main sur un pis­tolet rangé dans son pan­talon pour, ensuite, sortir l’arme en ques­tion et bra­quer à deux reprises les mani­fes­tant-e-s aux cris de : « Vas-y ! Venez ! Venez ! Vous allez faire quoi ?! ». Source : Com­mu­niqué Street Medic Paris.

La même scène racontée par Libé­ra­tion — Repéré au sein d’un cor­tège, un poli­cier en civil est pris à partie par une quin­zaine de mani­fes­tants à visage décou­vert. Des bou­teilles de verre sont lan­cées dans sa direc­tion, sous les cris de « Dégage ! Sale flic, on t’a reconnu ! » Il quitte le cor­tège. Accom­pagné d’un de ses col­lègues en civil (aucun des deux ne porte de signe per­met­tant de recon­naître leur qua­lité de poli­ciers), il fait face à une dizaine de per­sonnes dis­tantes d’un quin­zaine de mètres. « Il a alors, tout en fai­sant face aux manifestant(e)s qui l’avaient suivi pour s’assurer qu’il quitte bien le cor­tège, sorti une matraque téles­co­pique, posé sa main sur un pis­tolet rangé dans son pan­talon pour, ensuite, sortir l’arme en ques­tion et bra­quer à deux reprises les manifestant(e)s aux cris de : Vas-y ! Venez ! Venez ! Vous allez faire quoi?!” », expliquent des secou­ristes. Avec son arme de ser­vice tenue de la main gauche, l’autre main tenant une matraque téles­co­pique, le poli­cier en civil met en joue ceux qui le suivent. « A la vue de l’arme à feu, les mani­fes­tants ont vite reculé et se sont calmés. Était-il utile et jus­tifié de mettre tout le monde en joue ? » témoigne Cyril Zan­net­tacci, pho­to­graphe pré­sent sur place.
 – Source : Libé­ra­tion, 27 mai, « Le poli­cier a adopté une atti­tude pro­vo­ca­trice » par Willy Le Devin.


Place de la Nation : coups de matraques et tonfas, gre­nades dans la foule, etc. Une série de courtes séquences vidéo twit­tées par Vincent Boud­ghene.


Un blessé grave porte de Vin­cennes

Un jeune pho­to­graphe indé­pen­dant est griè­ve­ment blessé lors de la répres­sion d’un cor­tège sau­vage parti en direc­tion de porte de Vin­cennes. Romain D., 28 ans, a été atteint à la tête par l’éclat d’une gre­nade de désen­cer­cle­ment lancée à l’aveugle dans la foule. Vic­time d’une « frac­ture tem­po­rale avec enfon­ce­ment de la boîte crâ­nienne », il s’est écroulé, puis a repris connais­sance peu avant d’être emporté par les pom­piers. A l’hôpital il a été plongé dans le coma.

L’ensemble de la séquence filmée par le péri­sco­peur de de Nuit Debout Sam Smith.

Les poli­ciers arrivent, l’un d’entre eux jette une gre­nade de désen­cer­cle­ment à l’aveugle.

L’explosion de la gre­nade de désen­cer­cle­ment vue depuis l’immeuble. Source : Media­part.

Des gre­nades lacrymos jetées à proxi­mité du blessé. Source : Media­part.


Tou­louse

Allées Fran­çois-Ver­dier — « Un homme torse nu se fait arrêter par les poli­ciers. Une femme récu­père son pull par terre et essaye alors de le donner à un poli­cier pour qu’il le remette à la per­sonne inter­pellée mais le poli­cier refuse de le prendre. Elle rées­saye et il le jette. Un peu plus loin elle retente avec un autre poli­cier de la CI (com­pa­gnie d’intervention) en lui disant juste : « Tenez, c’est au jeune homme, rendez-le lui », une pre­mière fois, puis une deuxième fois. À la troi­sième fois le poli­cier l’insulte : « Casse-couille ! » Elle répond : « Vous êtes chiant. Je ne suis pas casse-couille, je suis une femme. » Il la prend alors vio­lem­ment par le cou en l’étranglant contre une bar­rière et la jette avec force à terre en la pous­sant », raconte le pho­to­graphe Ben Art Core, auteur de la vidéo mon­trant la scène.
 – Sources : témoi­gnage recueilli par Repor­terre

Allées Fran­çois Ver­dier — « Jour­na­liste sta­giaire, je suis posté sur un camion car ça tire dans tous les sens. Un groupe de poli­ciers d’une Com­pa­gnie d’intervention fait face à une tren­taine de per­sonnes qui les invec­tivent à cause des inter­pel­la­tions en cours. Elles leur ren­voient des palets de gaz lacry­mo­gènes mais elles ne sont pas vio­lentes. Je vois un poli­cier tirer une pre­mière gre­nade lacry­mo­gène en tir tendu à l’aide de son Cougar. Son supé­rieur lui glisse quelques mots à l’oreille. Je com­mence alors à filmer et il tire une deuxième gre­nade lacry­mo­gène, tou­jours en tir tendu sur le petit groupe de per­sonnes qui se trouve à une ving­taine de mètres. »
 – Source : témoi­gnage de Hugo Murail recueilli par Repor­terre,

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Tir tendu pen­dant la mani­fes­ta­tion

Inter­pel­la­tion vio­lente par la BAC, stoppée par la pré­sence de la caméra…

Jeune fille inter­pellée et trainée par les che­veux par la BAC.

En marge de la mani­fes­ta­tion, Une femme et un homme se font lit­té­ra­le­ment exploser par des CRS.


Lyon

Un Street Medic a été sérieu­se­ment blessé par une gre­nade de désen­cer­cle­ment pen­dant la mani­fes­ta­tion, lui cau­sant 2 jours d’ITT. Malgré son casque, on n’est pas passés loin de l’accident grave. Le site Rebel­lyon a publié une article détaillé sur les cir­cons­tances et le dérou­le­ment des faits, accom­pagné de plu­sieurs photos et de cette vidéo. Ces images sont celles de la caméra qu’il por­tait sur son casque au moment des faits.


Caen

Un mani­fes­tant à terre roué de coups. Selon le direc­teur dépar­te­mental de la sécu­rité publique, Jean-Fran­çois Papi­neau, « c’est un cas de légi­time défense ». Source Nor­mandie actu.


J’ai pro­ba­ble­ment eu la plus grosse chance de toute ma vie. Alors que la mani­fes­ta­tion venait de quitter les ponts des rives de l’Orne de Caen, le direc­teur dépar­te­mental de la sécu­rité publique ( DDSP ), s’engouffrait dans la rue des Jaco­bins accom­pagné de plu­sieurs motards, suivi des mani­fes­tants. J’ai eu la douce et déli­cate sur­prise de voir une gre­nade de désen­cer­cle­ment surgir de nul part rebondir sur le mur avant d’exploser sur ma hanche droite, par je ne sais quel miracle je n’ai été que très légè­re­ment éraflé. Mais je sou­hai­tais dénoncer cet acte de pure vio­lence venant de la part d’un agent de la BAC bien caché der­rière la voi­ture grise qui avait clai­re­ment pour but de nuire aux plu­sieurs pho­to­graphes et camé­ra­mans dont je fai­sais parti alors que nous nous étions mis à l’écart de la mani­fes­ta­tion !

– Tom Sovietsky, pho­to­graphe


Bor­deaux

Cours de l’Intendance — Un groupe de syn­di­ca­listes pro­teste contre une arres­ta­tion. Charge de la police. Bous­culée à coup de bou­clier, une syn­di­ca­liste SUD se retrouve au sol, se couvre la tête de son dra­peau pour se pro­téger. Coup de matraque, coup de pied déli­béré. Un poli­cier la tire au sol par les che­veux, parce qu’elle gêne le pas­sage de ses col­lègues. Huit points de suture au crâne.
 – Source : témoi­gnage publié sur le blog Blancan (https://​blancan​.net/).