Jeudi 12 mai

Tou­louse

Allées Fran­çois Ver­dier — Alain Pitton, pho­to­graphe : « Un poli­cier de la com­pa­gnie d’intervention met en joue avec son lan­ceur de LBD et vise clai­re­ment au-dessus de la ligne des épaules des mani­fes­tants et des pas­sants. Il n’est pas en situa­tion de danger. Il vise tout le monde de cette manière sauf les pho­to­graphes face à lui. A chaque fois que nous essayons de le pho­to­gra­phier, il baisse son lan­ceur avant de le redresser. Une femme, non-mani­fes­tante, s’approche et il la tient en joue à seule­ment quelques cen­ti­mètres, j’ai réussi à prendre une photo à ce moment-là sans qu’il me voit et baisse de nou­veau son lan­ceur. » Alix Gavrois, étu­diant : « Je suis face au poli­cier en ques­tion avec son lan­ceur LBD. Il me vise à la tête alors que je suis à sa portée, avec un sou­rire en coin. Il me tient en joue tout du long. »
 – Source : témoi­gnages recueillis par Repor­terre.


Place Dupuy — Alain Pitton, pho­to­graphe : « Une dizaine de per­sonnes tentent d’entrer dans la salle de spec­tacle de la Halle aux Grains, elles res­sortent trois secondes après à coups de gaz lacry­mo­gènes. Les motards lancent alors des gaz lacry­mo­gènes et des gre­nades de désen­cer­cle­ment à tout va, sans som­ma­tion. Ils sont vite rejoints par la Com­pa­gnie d’intervention, qui fait de même. Tout cela face à moins d’une tren­taine de mani­fes­tants et aucune menace. Per­sonne n’a com­pris pour­quoi ils ont dégou­pillé aussi vio­lem­ment, il n’y avait aucun d’intérêt à être si vio­lents. C’est à partir de ce moment là que la
mani­fes­ta­tion a dégé­néré. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.

Place Dupuy — Maxime Reynié, pho­to­graphe : « La place est saturée de gaz lacry­mo­gène. Les motards (CS 31) sont pré­sents alors que le reste du dis­po­sitif de main­tien de l’ordre n’est pas encore déployé. Ils lancent alors au moins 4 ou 5 gre­nades de désen­cer­cle­ment. Sans raison appa­rente puisque les mani­fes­tants ne sont qu’une poi­gnée et sont éloi­gnés d’eux, il n’y a pas de corps à corps. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.

Place Dupuy — Xavier Lalu, jour­na­liste : « Au cours de cette dis­per­sion très vio­lente, c’est confus et les poli­ciers tirent dans tous les sens. Une gre­nade de désen­cer­cle­ment est lancée en l’air, elle passe à côté de moi et rebondit sur un lam­pa­daire avant de fina­le­ment tomber par terre à la ter­rasse d’un café. Lorsque ça se calme, les poli­ciers de la BAC et de la com­pa­gnie d’intervention s’invectivent : « Arrêtez, on a fait n’importe quoi ». Eux aussi sont suf­fo­qués par les gaz et sonnés par l’ampleur qu’ont pris les évé­ne­ments. Un poli­cier me confie qu’on a eu de la chance avec la gre­nade qui est passée juste à côté. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.


Hugo Tezza, 17 ans, lycéen : « À la fin de la mani­fes­ta­tion qui est partie spon­ta­né­ment dans les rues de Tou­louse, j’étais vers la place Dupuy mais comme ils avaient déjà gazé par­tout autour de la halle aux Grains, on était sur les allées Fran­çois-Ver­dier pour s’apprêter à repartir. Il y avait encore les syn­di­ca­listes (CGT, Sud). Je me trim­bal­lais avec un pot de fleurs en plas­tique dans lequel il y avait des mar­gue­rites parce que je suis paci­fiste. Au fond des allées, les poli­ciers ont com­mencé à charger avec des lacry­mo­gènes et toute la foule s’est mise à courir. J’ai com­mencé aussi à courir très très vite. Trois poli­ciers de la BAC se sont posi­tionnés en plein milieu de la foule. Je me suis retrouvé nez à nez avec l’un d’eux qui se décale d’un pas sur sa droite pour me donner un gros coup de coude dans l’oeil. Je tombe par terre et je me relève tout de suite pour fuir. Sur la vidéo, on voit qu’il ne se retourne même pas et qu’il court devant lui pour aller inter­peller quelqu’un d’autre. Je ne pré­sen­tais aucun danger pour le poli­cier en ques­tion, je ne suis pas pro­vo­ca­teur, je cou­rais sim­ple­ment pour échapper aux gaz lacry­mo­gènes. Je suis allé aux urgences, je n’avais rien de cassé mais j’ai eu mal au bras pen­dant une semaine et sur­tout j’ai écopé d’un gros coquard. J’ai eu de la chance, j’aurai pu très mal tomber et prendre un coup sur la tête. »
 – Source : témoi­gnage recueilli, avec l’autorisation des parents, par Repor­terre


Paris

Un blessé après un tir de gre­nade.

La police lance une gre­nade lacry­mo­gène sur un mani­fes­tant de la CGT qui pas­sait juste par là.


Lille

Le même jour, bles­sures par un tir de LB40 et une gre­nade de décen­cer­cle­ment… Photo publiée sur Face­book.