Mardi 10 mai

Paris, action « Joue la comme Mayotte » et ras­sem­ble­ment sau­va­ge­ment réprimé devant l’Assemblée natio­nale

Paris

Action « Joue la comme Mayotte ». Plu­sieurs mani­fes­tantEs inter­pel­léEs sont pas­séEs à tabac par quatre poli­cier dans le car qui les conduits au com­mis­sa­riat de la goutte d’Or : coups de pieds, coups de poing, coups de matraques, gifles… Source : Bilan des Street Medics 

Le soir devant l’Assemblée natio­nale. Plu­sieurs bles­sures dues à des tirs tendus de gre­nades (héma­tomes, plaies, trous, œdèmes sur les tes­ti­cules, les che­villes, les fesses, les mol­lets, les pieds, les côtes). Une per­sonne ayant reçu de mul­tiples éclats de gre­nade dans le mollet droit a dû se faire opérer le len­de­main. De nom­breux blessés lors de la charge le long du quai. Source : Bilan des Street Medics

Un mani­fes­tant matraqué à froid et au sol près de l’Assemblée natio­nale.


Tou­louse

Rue Lejeune — Une vic­time qui sou­haite rester ano­nyme : « Je suis au deuxième rang du cor­tège coincé par la police. Nous ne sommes pas mena­çants mais les poli­ciers de la Com­pa­gnie d’intervention dis­tri­buent des coups de matraque sans dis­cer­ne­ment. Ils nous frappent dans la fumée des gaz lacrymo alors que nous sommes en train de reculer. Je prends un coup de tonfa [matraque avec poi­gnée] sur la tête, un autre sur la hanche. Je titube dans la rue pour fuir le gaz lacry­mo­gène. Le côté gauche de mon crâne saigne énor­mé­ment. On me trans­porte à quelques mètres de là, au pied d’un immeuble où les mani­fes­tants me mettent en sécu­rité. Les pom­piers viennent me cher­cher quelques dizaines de minutes après. Je suis emmenée à l’hôpital où l’on me pose des agrafes. Les méde­cins disent que c’est « un beau coup de matraque ». Ils me gardent quelques heures en obser­va­tion. ».
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.

Samy : « Je suis dans le cor­tège bloqué par la com­pa­gnie d’intervention. Je vois des gre­nades voler à hau­teur de tête. Lacry­mo­gènes, gre­nades mixtes ou de désen­cer­cle­ment, je ne sais pas, mais elles font le bruit carac­té­ris­tique des gre­nades mixtes assour­dis­santes. J’en reçois une sur la tête, je sens un gros impact sur le côté gauche de mon crâne. Je m’écroule par terre. J’ai perdu connais­sance 30 secondes. On m’a mis à l’abri, ça allait un peu mieux. Mes oreilles se sont mises à sif­fler, j’ai perdu l’usage de la parole. Les pom­piers sont venus me cher­cher et m’ont trans­porté à l’hôpital. J’ai été placé six heures en obser­va­tion. Les méde­cins étaient ahuris, ils m’ont diag­nos­tiqué un trau­ma­tisme crâ­nien et m’ont dit que j’avais eu de la chance car ça aurait pu être beau­coup plus grave. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.

Rue Lejeune — Maxime Reynié, pho­to­graphe : « Après la dis­per­sion très vio­lente de la rue Lejeune, où deux per­sonnes sont bles­sées au crâne, des mani­fes­tants viennent me demander de pho­to­gra­phier leur bles­sures. L’une pré­sente un héma­tome au ventre après avoir reçu un coup de matraque, un autre est blessé au mollet suite à un éclat de gre­nade de désen­cer­cle­ment. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.


Nantes

Place du Port-Com­mu­neau — « Après un pre­mier tour du centre-ville dans le calme avec une pré­sence poli­cière dis­crète, un mani­fes­tant a allumé un fumi­gène devant la Pré­fec­ture. Les CRS ou CDI ont immé­dia­te­ment répondu par des tirs de gre­nades lacry­mo­gènes sur tout le monde. Des col­lègues et moi avons aperçu des per­sonnes rece­vant des tirs tendus de gre­nades lacry­mo­gènes au front, dans la mâchoire, au pos­té­rieur et dans les jambes. »
 – Source : témoi­gnage de Laurie Tis­sière recueilli par Repor­terre.


Rennes