Mardi 14 juin

Mani­fes­ta­tion natio­nale à Paris. Mobi­li­sa­tion géné­rale pour le mou­ve­ment, mais aussi pour les forces de police

Paris

NnoMan Cadoret / col­lectif OEIL
Tirs tendus de gre­nades lacry­mo­gènes, deux mani­fes­tants s’écroulent. La police charge pen­dant que les blessés sont soi­gnés. Un article de Buzz­Feed News revient sur cette his­toire.


« Toi, je vais te défoncer »
John, étu­diant, est revenu du ras­sem­ble­ment pari­sien du 14 juin avec une main cassée et plu­sieurs héma­tomes sur les avant-bras. Il raconte au Nouvel Obs ce qu’il s’est passé.


« Ta gueule sale nègre ! »
« Tout à com­mencé le 26 mai, Place de la Nation en fin de manif. Le mani­fes­tant sur les photos, mani­fes­tait de façon non-vio­lente devant un cordon de gen­darmes mobiles. Un Ta gueule sale nègre !” fuse des rangs de la gen­dar­merie. Le mani­fes­tant s’énerve, ils s’invectivent, se filment pour tout enre­gis­trer… Jusqu’à ce que le mani­fes­tant se fasse arrêter.
Témoins de la scène, quelques CGTistes rapi­de­ment rejoints par une foule scan­dant libérez notre cama­rade” ont obtenu que celui-ci soit relâché. Match retour, mardi 14 juin, sur l’Esplanade des Inva­lides. J’ai posté toute la séquence de photos pour qu’il n’y ait aucun doute sur les coups que celui-ci à reçu. »

 – Témoi­gnage du pho­to­graphe Rémy Sou­ba­nère sur Face­book


Le flic a tapé ce qui était de plus près de lui
« Une photo d’un crâne ensan­glanté prise le 14 juin : l’homme a reçu un coup de tonfa alors que nous pro­tes­tions contre l’arrestation d’un gars. Il n’avait pas un rôle par­ti­cu­lier, il était sim­ple­ment là, comme tant d’autres per­sonnes, et le flic a tapé ce qui était le plus près de lui. La photo est floue car elle est extraite d’une vidéo de mau­vaise qua­lité que j’ai prise à ce moment-là (ça bous­cu­lait beau­coup). C’était à 16h42, devant le lycée Victor-Duruy, bou­le­vard des Inva­lides. »
 – Témoi­gnage reçu à la rédac­tion d’antiREP.


Yohann Deleu

Photos trou­blantes
« Voici deux photos que j’ai prises mardi 14 juin 2016, place des inva­lides. 17h36 pour la pre­mière, lors d’une arres­ta­tion mus­clée. Plu­sieurs CRS ont plaqué l’interpellé au sol. Seconde photo, après que des jour­na­listes (dont votre ser­vi­teur) ont été chargés par les mêmes CRS. Il est 18h11 et un mec en sang est emmené hors de la place. Lunettes, veste et masque semblent mon­trer que c’est la même per­sonne, blessée pen­dant la 1/​2h qui sépare son menot­tage de son trans­port. »
 – Témoi­gnage de Yohann Deleu sur Face­book.

Le même mani­fes­tant, avec un autre, a été pris en photo par une autre jour­na­liste. Cerise Sudry-Le Dû qui raconte à Buzz­Feed ne pas avoir vu l’interpellation de ce jeune et de son ami, mais la scène sui­vante lorsqu’ils étaient menottés : « un poli­cier est d’abord assis sur les deux mani­fes­tants », puis « les CRS les ont soi­gnés et entourés pen­dant 15 bonnes minutes ».


Blessés
Lors d’une confé­rence de presse tenue ce mer­credi, le préfet a annoncé 28 poli­ciers blessés (sans gra­vité, a-t-il pré­cisé). Onze mani­fes­tants ont été blessés dont sept ont été admis à l’hôpital. L’hôpital Cochin, situé non loin du bou­le­vard Mont­par­nasse, a affirmé à Buzz­Feed News qu’une tren­taine de mani­fes­tants ont été pris en charge dans l’établissement.



Compte-rendu des com­pa­ru­tions immé­diate (audience du 16 juin) concer­nant la mani­fes­ta­tion pari­sienne publié sur Paris Luttes infos. Trois per­sonnes sont jugées ce jour-là :

  • Dix mois avec sursis et une inter­dic­tion du ter­ri­toire fran­çais pour un an (le pré­venu n’est pas de natio­na­lité fran­çaise).
  • Quatre mois de pri­sons fermes avec mandat de dépôt ainsi que 1000 € d’amende à verser aux flics pour pré­ju­dice.
  • Six mois de sursis et une inter­dic­tion de Paris d’un an.