Jeudi 28 avril

Paris, fes­tival de tirs de fla­sh­ball, de gre­nades de désen­cer­cle­ment et de lacry­mo­gènes pour en finir avec l’occupation de la place de la Répu­blique. Elle reprendra le len­de­main Rennes et Mar­seille ne sont pas en reste de vio­lences et inter­pel­la­tions

Paris

En journée.

Le gars à droite met du sérum phy­sio­lo­gique à une nana… il se prend un coup de matraque juste pour le plaisir.

« Place de la Répu­blique avec un télé­phone à la main j’ai reçu 6 éclats de gre­nade dis­per­sante dont une qui a explosé sur mon ventre. » Source : Face­book.

En soirée

Alors que l’occupation de la place de la Répu­blique se fait réelle avec la construc­tion par des étu­diants d’arts plas­tiques d’une cabane dite « Le châ­teau commun », les forces de police chargent en masse et détruisent tout. Les ensei­gnant et per­son­nels des Beaux-arts adres­se­ront quelques jours plus tard une lettre ouverte à Ber­nard Caze­neuve : « nous refu­sons que nos étu­diants paient le prix de (la) dérive sécu­ri­taire.»


On ne sait jamais ce qu’on filme
Par Mat­thieu Bareyre et Thi­baut Dufait
Vio­lences poli­cières sur mani­fes­tants menottés le 28.04.2016 à Paris, Place de la Répu­blique à 1h37 du matin. On dis­tingue clai­re­ment au moins quatre coups assénés à des mili­tants de Nuit debout, dont un coup de poing en plein visage (1′36″), alors que ceux-ci sont déjà menottés et ne pré­sentent plus aucune résis­tance. Inter­rogé par Fran­ceT­VInfo, Mat­thieu Bareyre raconte en outre avoir été pris à partie ver­ba­le­ment et phy­si­que­ment par les poli­ciers, ainsi que son ingé­nieur du son.


Éva­cua­tion de la place sous les gre­nades et les tirs de fla­sh­ball.

Tirs tendus de fla­sh­ball…

Tirs de fla­sh­ball encore, mais cette fois-ci filmés en caméra sub­jec­tive.


Rennes

Charge contre un cor­tège syn­dical, avec des civils et CRS qui donnent des coups de matraques/​tonfas dans les jambes.

La police nous a tirés comme des lapins

Un jeune homme de 20 ans a été atteint par un tir de fla­sh­ball, il a perdu son œil gauche. Hugo Mel­chior, doc­to­rant en his­toire à Rennes 2, a assisté à la scène et témoigne dans Le Plus de l’Obs.

Délis de fuite
Une voi­ture de police ren­verse un scooter à proxi­mité du cor­tège, puis prend la fuite. Le conduc­teur reste blessé à terre mais la police en civil pré­fère s’occuper des mani­fes­tants. Source : Rennes Infos.


Mar­seille

Un com­mu­niqué de la Legal Team fait le point sur les inter­pel­la­tions au cours de la mani­fes­ta­tion : 57 inter­pel­la­tions (majeur-e-s et mineur-e-s) ayant donné lieu à des contrôles d’identité et des gardes à vue. Source Mars Infos

De son côté Soli­daire 13 dénonce « des tirs tendus de gre­nades lacry­mo­gènes et de fla­sh­balls [qui] ont atteint des mani­fes­tant-es et le camion de l’Union syn­di­cale Soli­daires 13. Un res­pon­sable de Sud Col­lec­ti­vités ter­ri­to­riales, touché à la gorge par un tir de fla­sh­ball, est actuel­le­ment hos­pi­ta­lisé […]. e pare-brise du camion de Soli­daires a été atteint par deux tirs de gre­nades déli­bérés à hau­teur de visage. » Source : Révo­lu­tion per­ma­nente.

Voir aussi un autre article sur Mars Infos qui fait in point sur la grosse répres­sion de la journée.



Il s’enfuit quand les poli­ciers fondent sur lui, l’un d’eux criant : C’est lui !” Il court, tombe plu­sieurs fois, se relève, puis un agent lui fait un balayage, le maî­trise au sol. « Je n’arrivais plus à res­pirer. Je lui ai demandé de des­serrer un peu, il l’a fait, mais cinq de ses col­lègues sont arrivés et ils ont com­mencé à me frapper, à coups de pieds et de poings. Ils ont sorti leur matraque pour taper, il n’y avait aucun témoin. Il y en a un qui m’a dit qu’ils m’avaient vu lancer des cailloux toute la manif, c’est pas vrai. Au bout d’une dizaine de coups, il ne les sent plus. Il pense qu’ils ont continué trente secondes. Puis ils m’ont relevé, l’un d’eux m’a regardé dans les yeux, il m’a dit Sale gaucho et il m’a craché au visage. Dès que j’essayais de parler, ils me met­taient des claques et me disaient Ferme ta gueule, fils de pute”. Puis avant de me mettre dans la voi­ture, ils m’ont dit que j’allais rester long­temps en garde à vue et que dans les cel­lules, là-bas, les jeunes comme moi se font sodo­miser. » En route vers le com­mis­sa­riat, les poli­ciers lui demandent s’il a peur, le traitent de trom­pette”, de tafiole”. Théo raconte que d’un bout à l’autre, il a cherché à ne pas réagir pour ne pas leur offrir sa peur. Au pas­sage de la voi­ture, un garçon magh­rébin s’enfuit. Passez-moi une gre­nade avec du jambon”, rigole un poli­cier. »

– Téo, lycéen 15 ans, dans Les Jours.


Nantes. Un mani­fes­tant tabassé à terre en centre ville de Nantes. Vidéo postée sur Twitter par une habi­tante qui filme depuis chez elle.


Mont­pel­lier. Des CRS s’en prennent à des mani­fes­tants, coups de pieds et coups de tonfa à la tête, le tout sou­rire aux lèvres.


Amiens. La police évacue vio­le­ment des manifestant/​e/​s en pleine « assem­blée citoyenne » dans la mairie occupée.
Source : Jeunes d’Amiens contre la loi El Kho­meri


Nantes

Espla­nade des Nefs — « Charge de la BAC qui fonce sur mon copain, calme à côté de moi. Un poli­cier en civil lui arrache vio­lem­ment son écharpe du FC Nantes. Mon copain lui demande de la lui rendre. Réponse : grands coups de matraque ».
 – Source : témoi­gnage recueilli par l’Assemblée des blessés 44.


Lyon

Photos et témoi­gnage sur les blessés de la mani­fes­ta­tion lyon­naise publié par Rebel­lyon.