Il faut sortir de la démarche autoritaire

La Ligue des droits de l’Homme, publie un com­mu­niqué à charge contre l’Etat fran­çais, dénon­çant sa ges­tion auto­ri­taire et les atteintes aux libertés publiques… sans parler des vio­lences poli­cières

Le gou­ver­ne­ment recourt pour la deuxième fois à l’article 49 – 3 de la Consti­tu­tion pour faire adopter le projet de loi tra­vail à l’Assemblée natio­nale, sans débat et sans vote. Le Pre­mier ministre déclare le faire « dans l’intérêt des Fran­çais ».

Pour la Ligue des droits de l’Homme, il n’appartient pas au pou­voir exé­cutif de faire la loi. Il n’est pas accep­table que l’Assemblée natio­nale, dont les membres sont élus par les citoyennes et les citoyens, ne puisse pas débattre d’un projet de loi. Ce projet de loi fait l’objet de larges contro­verses dans l’opinion publique, mais les élus qui font la loi com­mune ne pour­raient pas en débattre.

Le gou­ver­ne­ment a mal­mené la démo­cratie sociale : le projet de loi n’a pas fait l’objet d’une concer­ta­tion préa­lable avec les syn­di­cats de sala­riés et d’employeurs, comme le pré­voit l’article L.1 pré­li­mi­naire au Code du tra­vail. Le gou­ver­ne­ment a mal­mené les libertés publiques : il a interdit à des mili­tants de par­ti­ciper à des mani­fes­ta­tions, menacé d’interdire une mani­fes­ta­tion à Paris orga­nisée par plu­sieurs syn­di­cats. Il continue de mal­mener la démo­cratie repré­sen­ta­tive, en empê­chant le pro­cessus par­le­men­taire d’aller à son terme.

Par-delà même les posi­tions diverses sur le projet de loi tra­vail, pour notre avenir commun, il faut sortir de cette démarche auto­ri­taire, arrêter de porter atteinte à la vie démo­cra­tique de notre pays et, au contraire, savoir construire le débat démo­cra­tique.

Ligue des droits de l’Homme
Paris le 6 juillet 2016