Violences contre des journalistes

Pho­to­graphes et JRI on été assez sys­té­ma­ti­que­ment pris pour cible par les poli­ciers : menaces et insultes, coups de tonfa et de matraque, gazage, tirs de fla­sh­ball. La guerre des images est engagée

Après l’affaire de la vidéo mon­trant un CRS don­nant un coup de point en plein visage à un lycéen de Bergson (Paris) qui a tourné de façon mas­sive et virale sur les réseaux sociaux, au point d’attirer l’attention des médias, les poli­ciers engagent une « guerre des images »: il s’agit très clai­re­ment d’essayer d’empêcher qui­conque de filmer ou pho­to­gra­phier le déchai­ne­ment de vio­lence dont ils sont res­pon­sables.

Les forces de police s’en prennent donc désor­mais sys­té­ma­ti­que­ment aux jour­na­listes, pho­to­graphes ou JRI, qui sont menacés, frappés, gazés, ou visés avec des fla­sh­balls. Les agres­sions contre les jour­na­listes ne sont certes pas plus graves en soit que les agres­sions contres les mani­fes­tantEs, mais l’atteinte à la liberté d’informer est bien un signe sup­plé­men­taire de dérive sécu­ri­taire et auto­ri­taire.


31 mars

Tou­louse, place Jean-Dei­bold. Xavier Lalu, jour­na­liste de Côté Tou­louse : « Je couvre la fin de la mani­fes­ta­tion. Les CRS se mettent à charger. Je n’ai pas de bras­sard presse mais je suis à côté de l’équipe d’ITélé en train de filmer avec mon télé­phone. Pas de doute pos­sible sur mon acti­vité. Un CRS fonce sur nous et mou­line avec son tonfa en criant « Dégage ! ». Je réponds : « On est jour­na­listes », mais il continue à frapper. Je prends un coup sur la cuisse. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.

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Tou­louse, avenue Etienne-Billières. Maxime Reynié, pho­to­graphe indé­pen­dant : « J’ai le nez sur mon appa­reil-photo quand les CRS chargent. J’ai juste le temps de mettre mon bras­sard presse en évi­dence, de lever mon appa­reil-photo et de crier « Je suis de la presse ». J’entends « Dégage ! » et je prends un coup de tonfa sur le côté gauche du crâne. Je suis bloqué par le bar­rage des CRS, ces der­niers me baladent de bou­clier en bou­clier en conti­nuant à me dire « Dégage » et à me donner d’autres coups de matraque dans le dos. Je répète que je suis de la presse sans que ça fasse effet. Ils me plaquent jusqu’au coin d’une bar­rière où je reste bloqué au niveau de l’aine et je finis par tomber. A deux cen­ti­mètres près, je per­dais une couille. » Bles­sures : trois points de suture au crâne, héma­tome à l’aine.
 – Sources : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.


9 avril

Rennes, rue de Juillet — Pho­to­graphe pro­fes­sionnel, Gwendal Le Flem est dans cette rue avec quelques per­sonnes : « Des CRS nous sont arrivés dessus. J’ai levé les bras avec mon appa­reil-photo et j’ai crié « Je suis pho­to­graphe ». Je n’ai plus bougé, pen­sant qu’ils allaient passer devant moi et c’est tout. Les CRS se sont déployés et ont frappé des gens. J’ai reçu un coup de matraque sur le torse, puis ils m’ont crié de faire demi-tour, de ne pas rester, mais ils conti­nuaient de me frapper. J’ai reçu un autre coup à l’arrière du genou et encore un dans le dos. » Un jour d’incapacité de tra­vail, signa­le­ment à l’IGPN.
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.


5 avril

Taranis News

Paris — Un pho­to­graphe de Taranis News matraqué. Cela se passe semble-t-il place de la Répu­blique, pen­dant l’occupation de Nuit debout, mais pas de pré­ci­sion sur les cir­cons­tances.

14 avril

Paris – Un groupe est parti dans la soirée en mani­fes­ta­tion non offi­cielle depuis la place de la Répu­blique. Michael Bunel, pho­to­graphe de presse de l’agence Ciric, se situe un peu avant la sta­tion de métro Jaurès, au croi­se­ment du bou­le­vard de la Vil­lette et du quai de Jem­mapes quand les poli­ciers chargent en direc­tion des mani­fes­tants : « Je me situe en amont de la tête de cor­tège, au moins 50 mètres devant. Je suis isolé de la foule. J’ai mon boi­tier [d’appareil photo] en l’air. Je crie : Presse, presse”. Deux cor­dons de poli­ciers passent devant moi. Puis un troi­sième. L’un des poli­ciers — le plus proche de moi — s’arrête à ma hau­teur et me traite d’“enculé” puis donne un coup de tonfa dans mon boî­tier 18mm et me casse deux pha­langes. Ce n’est pas un CRS qui m’a frappé. Celui-là avait deux bandes bleues sur le casque. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.


16 avril

Paris, place de la Répu­blique – En fin de soirée la police inter­vient contre les occu­pantEs la Nuit debout. Le per­isco­peur Benito CSQ filme cette scène où l’on voit une per­sonne matra­quée parce qu’elle est en train de filmer la police.


28 avril

Rennes, quai Dujardin — Vincent Feuray, pho­to­graphe indé­pen­dant : « Lors de la pre­mière charge de police, je reçois un coup de matraque sur le genou. Je me mets à terre et le fonc­tion­naire qui m’a porté le coup revient me menacer ver­ba­le­ment. Des pho­to­gra­phies et une vidéo illus­trent la scène. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre à Rennes. 

Nantes, espla­nade des Nefs — Les mani­fes­tants ont reflué à bonne dis­tance sous les tirs de lacry­mo­gènes. Un pho­to­graphe fait une prise de vue de la ligne de bou­cliers des poli­ciers. Un poli­cier sort du rang et avance au pas de charge vers le pho­to­graphe, lui assène froi­de­ment un coup de matraque qui brise la visière du casque du jour­na­liste et retourne cal­me­ment dans ses rangs.
 – Source : obser­va­tion Repor­terre à Nantes.

Paris, place de la Nation — Michael Bunel, pho­to­graphe de presse de l’agence Ciric, a été blessé au pied sur la place de la Nation par une gre­nade lacry­mo­gène en tir tendu : « Après ce jour-là, j’ai mis deux semaines avant de retourner en mani­fes­ta­tion. Je mets mon gilet par balles pour y aller main­te­nant et j’ai acheté des pro­tège-tibias. J’ai fait un mois de mani­fes­ta­tions à Istanbul pen­dant les évé­ne­ments de la place Taksim en 2013. J’ai cou­vert quo­ti­dien­ne­ment les affron­te­ments avec la police turque et n’ai jamais eu à subir de telles pres­sions de la part des forces de l’ordre. Pour­tant, je fais tou­jours atten­tion à être recon­nais­sable en tant que pho­to­graphe et à me mettre à l’abri quand la situa­tion l’exige. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.

Paris — Une vidéo du pho­to­graphe indé­pen­dant Simon Guillemin, filmée avec une GoPro, montre des poli­ciers frapper un homme en train d’aider une jeune femme vic­time de gaz lacry­mo­gènes en lui don­nant du serum phy­sio­lo­gique. L’un des poli­ciers attrape ensuite l’appareil photo de Simon Guillemin et le menace en levant sa matraque et en criant : « Prends pas de photo, prends pas de photo, dégage ! »
 – Source : Buzz­Feed News

Tou­jours dans le but d’empêcher les vidéos ou les photos, cer­tains agents n’hésitent pas à uti­liser leur gaz lacry­mo­gène à bout por­tant (les exemples sont légion). Lucas Godi­gnon, pigiste à L’Express, en a fait les frais à Nation. « J’y allais juste comme ça”, c’est-à-dire que je ne por­tais rien qui m’identifiait comme étant un jour­na­liste », nous pré­cise-t-il.
 – Source : Buzz­Feed News

Autre scène : des tirs de lacrymos en plein milieu du groupe de pho­to­graphes.

D. Anthony

Des jour­na­listes tou­chés au milieu des vio­lences, témoi­gnage vidéo de D. Anthony.


1er mai

Aure­lien Mor­ri­sard

Paris — Une gre­nade de désen­cer­cle­ment jetée par les forces de l’ordre a explosé au niveau du visage du pho­to­graphe Fab Enero (casque bleu et man­teau rouge sur la vidéo). « Ces gre­nades ont été lan­cées n’importe com­ment, au sol, en l’air et nous n’avons pas pu fuir assez rapi­de­ment car il y avait beau­coup de monde devant nous », raconte Auré­lien Moris­sard, un autre reporter pour IP3 Press pré­sent au moment des faits. « De mon côté, je me suis pris un pro­jec­tile de gre­nade dans la cuisse, au niveau de l’aine, et cela fait deux jours que je ne peux pas aller tra­vailler. » Fab Enero pré­cise sur Face­book qu’il n’y a eu « aucune som­ma­tion, aucun gazage avant » de la part des forces de l’ordre. « Ils ont envoyé direc­te­ment leur dou­zaine de gre­nades de désen­cer­cle­ment ou je ne sais quelle autre arme du [même] style. »
 – Source : Buzz­Feed News

DOC du réel

Paris — Un mani­fes­tant se fait sévè­re­ment matra­quer, le jour­na­liste qui filme la scène est gazé à bout pour­tant par un poli­cier en civil…


3 mai

Tou­louse, Mac Donald’s, place du Capi­tole — « Je suis au deuxième étage. Casque sur les oreilles, j’enregistre l’évacuation par les forces de l’ordre du MacDo occupé. A leur demande, j’ai pré­senté ma carte de presse aux gen­darmes mobiles, qui m’ont bien iden­ti­fiée. Alors que je regagne l’escalier, l’un d’eux donne un coup de tonfa violent sur mon enre­gis­treur, un Nagra Ares-P, par chance très résis­tant. Je suis alors la seule à être dirigée vers la sortie à ce moment-là, il n’y a donc pas de bous­cu­lade et ce n’est pas un coup mal­heu­reux”, mais volon­taire. »
 – Source : obser­va­tion Repor­terre.


10 mai

Tou­louse, rue Lejeune — Vers 19h45, Hugo Murail, jour­na­liste-sta­giaire : « Je vois et filme un pho­to­graphe qui est resté seul face à aux poli­ciers de la com­pa­gnie d’intervention (CI) après la dis­per­sion vio­lente de la rue Lejeune. Ils se sont remis à charger en fon­çant sur lui. Il s’est pris un ou deux coups de tonfa alors qu’il n’était pas du tout hos­tile à leur égard. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.


16 mai

Tou­louse, rue Valade — Maxime Reynié, pho­to­graphe : « Je prends en photo des poli­ciers en civil sans bras­sard infil­trés dans le cor­tège. Un poli­cier de la com­pa­gnie d’intervention m’empêche de prendre des photos. Voyant que je continue, il me dit : « Arrête avec tes photos, c’est la deuxième fois que je te le dis, je t’ai à l’oeil. » Je lui rétorque que j’ai une copie de l’arrêté qui sti­pule qu’on peut prendre les poli­ciers en photo. Il me répond : « Je m’en fous. » »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.


17 mai

Rennes, square Louis Armand — Jeof­frey Guille­mard, pho­to­graphe de presse : « J’ai vu un homme au sol frappé par plu­sieurs poli­ciers. J’y suis allé pour pho­to­gra­phier la scène. Un des poli­ciers m’a repoussé avec son bou­clier, j’ai résisté, ai montré ma carte de presse en disant : « Je suis pho­to­graphe, je fais mon tra­vail. » Un de ses col­lègues a couru vers moi avec sa matraque pour me frapper, en disant : « J’en ai rien à foutre, dégagez. » Il a légè­re­ment dévié de sa tra­jec­toire lorsqu’il a vu mon confrère Jere­mias Gon­zalez en train de prendre la photo. J’ai échappé à ce coup de matraque de peu. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.


18 mai

Tou­louse, devant le com­mis­sa­riat cen­tral, bou­le­vard de l’Embouchure — Maxime Reynié, pho­to­graphe : « Je couvre le ras­sem­ble­ment des poli­ciers contre la haine anti-flic » et alors que je m’approche d’une bar­rière où sont col­lées des affiches, un poli­cier en civil m’alpague : C’est ça, prend des photos, amuse toi bien. Fais gaffe à toi, on se retrou­vera tous les deux, on se retrou­vera.” »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.


19 mai

Paris — Le docu­men­ta­riste Thierry Vincent filme un CRS bra­quant son LBD sur la foule : « Je suis en face de lui, ça l’agace. Un autre jour­na­liste me dit : « Fais gaffe, j’ai entendu le chef dire aux autres, les jour­na­listes qui sont devant, vous les dégagez à coup de bou­clier » Le CRS me dit : « Casse-toi ou je t’allume ». Je me mets un peu de côté. Il n’y a aucune ambi­guïté sur mon statut de jour­na­liste. Je le leur ai dit, j’ai une caméra. Et là, ça charge. Un CRS me donne un énorme coup de bou­clier, en char­geant comme un pilier de rugby, avec un gros coup d’épaule. Je tombe par terre à la ren­verse. Je tombe dans les pommes. Je ne sais plus ce qui s’est passé ensuite mais selon un autre témoin jour­na­liste, ils m’auraient redonné un coup de tonfa alors que j’étais à terre. Il y a d’autres images où l’on me voit. Je suis par terre allongé. Des CRS arrivent et me trans­portent avec des mani­fes­tants qui me prennent fina­le­ment en charge. L’un d’eux a une com­presse et une bande pour que ça ne saigne pas trop. La grosse plaie fait 4 cm de large, ça sai­gnait. Aux urgences à Cochin, on m’a posé sept agrafes. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.


26 mai

Paris — Un pho­to­graphe inter­pellé plutôt vigou­reu­se­ment place de la Nation. Son appa­reil photo est tombé, et a été récu­péré par un autre pho­to­re­porter. Lucas Arland, le pho­to­graphe argentin qui a pris cette photo, est lui-même frappé par un poli­cier ce jour-là (second tweet).


31 mai

Rennes, faculté den­taire Pas­teur — Une per­sonne munie d’un appa­reil-photo est contrainte par la police, en toute illé­ga­lité, d’effacer les photos d’une arres­ta­tion qu’elle vient de faire. Les poli­ciers n’ont pas de matri­cule appa­rent.
 – Source : Taranis News.

Rennes, faculté den­taire Pas­teur — un membre de la sec­tion d’intervention de la police natio­nale donne un coup de pied au pho­to­graphe indé­pen­dant Vincent Feuray, l’empêchant d’accéder au lieu où se déroule l’évacuation.
 – Source : Taranis News.


2 juin

Rennes, bre­telle de rocade, RN 12 — Les four­gons de police foncent sur les mani­fes­tants, les gazant par la fenêtre ouverte, puis des­cendent des véhi­cules et les pour­chassent à coups de matraque. Au pas­sage, six jour­na­listes (un camé­raman de France 3, une de M6, trois pho­to­graphes indé­pen­dants, un pho­to­graphe de l’AFP) sont bous­culés, pris à partie et frappés, alors qu’ils sont iden­ti­fiables : casque « presse », bras­sard, maté­riel siglé visible. Le pho­to­graphe Emma­nuel Bros­sier est frappé par deux membres des forces de l’ordre. Quelques ins­tants plus tard, le pho­to­graphe Vincent Feuray est frappé au visage avec une matraque, il tombe au sol, incons­cient durant quelques ins­tants. Quelques minutes plus tard, Linda Kerfa, jour­na­liste-reporter d’images de M6, est attrapée par le bras et « vigou­reu­se­ment éjectée », Vincent Feuray et le JRI de France 3, Bruno Van Was­sen­hove, sont matra­qués. En paral­lèle, le pho­to­graphe Jean-Claude Moschetti est frappé plu­sieurs fois à coups de matraque. Le Club de la presse de Bre­tagne qua­lifie ces faits de « vio­lences inac­cep­tables » dans un contexte « d’escalade insup­por­table » et a saisi le Défen­seur des droits.
 – Source : témoi­gnages recueillis par Repor­terre.

Un récit détaillé, avec témoi­gnages de jour­na­liste qui étaient pré­sents ce jour-là, a été publié par le Club de la presse de Bre­tagne** sur son site.


14 juin


Xavier De Torres

« Je fil­mais la mani­fes­ta­tion en direct sur Per­iscope comme d’habitude. Il n’y avait pas vrai­ment de ten­sion. C’était bien après les inci­dents à Necker et les affron­te­ments avaient lieu vers les Inva­lides.
J’ai vu un poli­cier en civil molester un pho­to­graphe devant moi, j’ai alors filmé la scène. Ce même poli­cier est venu vers moi et m’a dit : Tu me saoules toi.” Il m’a attrapé par le col et m’a repoussé vers des camions de police.
Un autre poli­cier est arrivé et m’a visé avec une bombe lacry­mo­gène, mais j’ai réussi à l’éviter. Enfin, un troi­sième poli­cier a attrapé mon télé­phone en le ser­rant très fort et en criant : Tu arrêtes de filmer tout de suite.” Il a fini par le lâcher, et j’ai réussi à repartir. »

 – Rémy Busine dans Buzz­Feed

Jan Schmidt

Paris — Le pho­to­graphe pour l’agence CIRIC, Michael Bunel, a été visé par un tir de Fla­sh­ball et a été touché à la dent. « J’ai reçu un tir de Flash-Ball place des Inva­lides alors que j’étais en train de prendre des photos. Le pro­jec­tile a tapé sur mon appa­reil photo (cassé) qui a rebondi sur ma dent. J’ai une plaie à un doigt, une frac­ture à un autre et une dent cassée », dit-il. Michael Bunel pré­cise qu’il était lui aussi par­fai­te­ment iden­ti­fiable « avec un énorme auto­col­lant presse » en plus du maté­riel. « Ce n’est pas la pre­mière fois que je suis visé par les poli­ciers. Mardi, je peux com­prendre que la situa­tion était tendue, mais ils ont tiré au niveau du visage. Si je n’étais pas en train de prendre une photo, je per­dais mon œil. »
 – Source Buzz­Feed News.

Paris — Jan Schmidt, autre pho­to­graphe de l’agence Ciric : « Ce jour-là, j’ai un objectif qui a pris un coup et qui ne marche plus. J’ai une autre col­lègue de l’agence Hans Lucas qui a pris un coup de matraque sur son boî­tier : il a une grosse fis­sure, il est cassé. Un autre col­lègue a eu son objectif 70-200mm com­plè­te­ment cassé aussi par un coup de tonfa. Ce sont des témoi­gnages directs que j’ai recueillis le 14 juin. »
 – Source : témoi­gnage recueilli par Repor­terre.


5 juillet

Paris — « Cou­vrant depuis le début du mou­ve­ment la mobi­li­sa­tion pour dif­fé­rents médias cri­tiques, deux jeunes pho­to­jour­na­listes indé­pen­dants et une troupe de trois vidéastes se sont faits inter­pellés devant l’Assemblée natio­nale, à 18h, alors que plu­sieurs cen­taines de mani­fes­tants com­men­çaient à arriver sur place. Sans que le contexte, abso­lu­ment calme, ne le jus­tifie, les deux pre­miers ont été contrôlés au motif de leur casque, néces­saire à leur tra­vail. La police a exigé qu’ils montrent une carte d’accréditation et a choisi de les embar­quer. Sui­vant la même pro­cé­dure, les trois vidéastes ont subi le même sort après que la police a tapé dans leur caméra. Une sixième per­sonne, un mani­fes­tant qui était venu s’interposer, a éga­le­ment été inter­pelé. Les deux pho­to­graphes ont été libérés à leur des­cente du fourgon, devant l’Hôtel de police du XIVe arron­dis­se­ment, alors que le mani­fes­tant, lui, était conduit à l’intérieur, au pré­texte d’outrages et rébel­lion. »
 – Source : Révo­lu­tion per­ma­nente

Paris — La réa­li­sa­trice Marina Otero film avec son équipe des mani­fes­tantEs contrô­léEs à proxi­mité de l’Assemblée natio­nale. Un com­man­dant des CRS lui demande d’arrêter sous pré­texte qu’elle n’a pas de carte de presse. Elle refuse et continue de filmer. « Quelques minutes plus tard, les CRS se sont appro­chés de moi décidés cette fois-ci à m’empêcher de filmer par la contrainte. Ils ont essayé de se saisir de la caméra. J’ai résisté en la ser­rant contre moi et en conti­nuant d’affirmer mon droit haut et fort. Alors, un jeune homme a essayé de s’interposer et de me défendre (…). La situa­tion était devenue très confuse, des mani­fes­tants nous sou­te­naient en pro­tes­tant, les CRS hur­laient et s’agglutinaient. Pen­dant ce temps, je ne l’avais pas vu dans la confu­sion, le jeune homme qui avait tenté de nous défendre, avait été mis à terre par trois CRS. Quand nous avons pris conscience de cette arres­ta­tion, [nous] avons fait demi tour pour la filmer en espé­rant que le fait de filmer empêche et limite la vio­lence poli­cière ». Marina Otero et Sophie Tesson sont en suite embar­quées, sous pré­texte d‘avoir agressés des CRS, puis conduites au com­mis­sa­riat du XVe, où elles seront relâ­chées plus tard. Le jeune homme qui s’est inter­posé est lui gardé.
 — Source : Gazette Debout

La Taupe enragée sur Péri­scope

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